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Mes propositions pour le Tourisme

Mes propositions pour le Tourisme


David Lorion, quel est votre vision du Tourisme à La Réunion et comment en faire un véritable atout?

David Lorion :

L’île de la Réunion est une destination touristique qui s’est décrétée tardivement. L’île dispose cependant d’un potentiel touristique évident qui devient primordial au développement économique réunionnais.

En 2016, le nombre de touristes recensés se chiffre à 450 000 pour une recette générée d’environ 300 millions d’euros. Les activités liées au tourisme représentent en effet plus de 4700 entreprises, plus de 13 000 salariés soit 7% des effectifs salariés. Cette industrie se compose essentiellement de très petites structures.

Le tourisme réunionnais est singulier de  par l’importance de sa clientèle locale : plus de la moitié des dépenses touristiques sont ainsi effectuées par des locaux. Aujourd’hui, si la Réunion ne fait pas encore partie des destinations les plus prisées, l’offre ne s’avère pas forcément être en adéquation avec les attentes de la clientèle extérieure que ce soit dans les secteurs de l’hébergement, du transport aérien ou encore des activités de loisirs.

Les principales raisons au rôle encore modéré du tourisme dans l’économie réunionnaise sont de trois ordres, les charges importantes générées par les embauches et le coût plus élevé de la vie  créent un désavantage concurrentiel, notamment avec nos voisins mauriciens, la professionnalisation personnel dans certains domaines est insuffisant en matière d’accueil et de niveaux mêmes de formation et notre capacité d’accueil est limitée.

 Comment peut-on dynamiser encore le secteur ?

David Lorion : Pour dynamiser ce secteur, je propose un plan d’actions fondé sur deux axes majeurs, la valorisation de notre patrimoine et denotre identité et le soutien de toutes les initiatives innovantes.

Qu’entendez-vous par la valorisation du notre patrimoine et notre identité ?

David Lorion : Notre patrimoine est plus immatériel que matériel, il est plus culturel et naturel. Notre patrimoine culinaire, notre musique, notre langue créole, font partie de notre identité réunionnaise que nous devons faire vivre.  Les touristiques font de leur voyage une découverte, une expérience d’une culture nouvelle, avec ses modes de vie, mais tout simplement de son authenticité. Le sud a une tradition d’accueil des touristes à cœur ouvert, nous devons encore enrichir les circuits dans les zones rurales, dans les gîtes et les tables d’hôtes, sur des sentiers de découverte accessibles au plus grand nombre.

Le Parc National est un atout formidable de notre île, mais il doit accompagner les projets dans une logique de développement touristique et pas seulement dans une logique de conservation. Il en est de même pour toutes les autres espaces naturels protégés de grande superficie.

Comment mieux aider les investisseurs dans le domaine touristique?

David Lorion : Il est nécessaire de promouvoir la création d’entreprises touristiques. Le développement du tourisme reste en effet conditionné par la valorisation de la destination et la progression de l’offre hôtelière qu’elle soit classée ou qu’il s’agisse de petites structures, gîtes, meublés de tourisme. Le déploiement de l’offre permettra ainsi la croissance en terme d’emplois salariés mais également non-salariés.

Il nous faut soutenir le développement des structures d’accueil touristiques à tous les niveaux. Le développement d’hôtels vernaculaires qui pourront s’intégrer parfaitement dans l’environnement sera soutenu fiscalement afin d’optimiser le tourisme durable. La création d’un réseau ou d’un label sera mis en place afin d’accompagner les structures et petites exploitations agro-touristiques, les recenser, les fédérer et les légitimer au plan national.

Nous devons inscrire le tourisme comme secteur prioritaire dans les nouvelles lois d’orientation afin de bénéficier  de la possibilité d’obtenir des exonérations et des allègements fiscaux et sociaux en matière de recrutement et de créations de structures. L’Etat et les acteurs publics doivent être pleinement impliqués pour viser plus d’emplois sur ce secteur.

Comment l’aéroport de Pierrefonds peut-il être un levier du développement touristique dans le Sud?

David Lorion : Le développement du tourisme à la Réunion et dans la région Sud ne saurait se concevoir sans le soutien à l’aéroport de Pierrefonds. Le Sud dispose d’un aéroport qui se positionne comme équipement structurant au service de l’attractivité du territoire. La pertinence de cette infrastructure n’est plus à démontrer mais à affirmer. L’aéroport de Pierrefonds présente l’avantage d’offrir une complémentarité à l’aéroport Roland Garros.

Il faut renforcer les partenariats aériens avec Roland Garrros, mais aussi le développement de nouvelles dessertes privilégiant les pays de la zone Océan Indien jusqu’au grand sud de l’Asie qui possède le plus grand potentiel de développement de demain.

Il y a urgence à faire classer l’aéroport de Pierrefonds comme appartenant à un secteur prioritaire. Ceci lui permettra d’accéder aux divers abattements de charges prévus par la loi, de bénéficier des aides d’état et européennes et par la suite de permettre par exemple la réduction de la taxe aéroportuaire, des coûts liés à la sûreté et à la sécurité.

La libéralisation de l’espace aérien est une exigence forte dans ce programme. Elle rendra possible le fait de soutenir non seulement la contractualisation de partenariats avec les compagnies de la zone de l’Océan Indien et internationales à terme, mais également l’arrivée de nouvelles compagnies dont possiblement les compagnies « low-cost ».

Le développement du Fret à Pierrefonds est une condition indispensable à la rentabilité de la structure aéroportuaire et nous avons des acteurs locaux capables de dynamiser ces échanges inter-îles.

Etes-vous optimiste pour le développement du tourisme à la Réunion?

David Lorion : Malgré les chocs qu’a connus la Réunion dans le domaine touristique qui ont entraîné des résultats mitigés au cours des trois dernières années, ce secteur est porteur d’avenir avec des potentialités uniques s’articulant autour de la mer, de la nature et de la culture. Il faut par conséquent bâtir un nouveau cadre compétitif afin de sortir le tourisme réunionnais de la seule problématique des coûts, vouée à l’échec, tant nos concurrents disposent d’une longueur d’avance sur nous. La mise en cohérence de toute notre politique touristique doit  nous permettre d’aborder l’avenir dans de meilleures conditions.


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