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Ensemble pour un grand Sud: le programme détaillé

Ensemble pour un grand Sud: le programme détaillé

Chers concitoyens, Chères Electrices, Chers Electeurs,

Les dimanches 11 et 18 juin, vous serez appelés à élire le Député de la 4ème circonscription. Je suis candidat à cette élection législative.

Je vous propose un programme ambitieux fondé sur cinq volets de la vie quotidienne

  1. La solidarité au cœur de notre action politique
  2. L’épanouissement tout au long de notre vie
  3. La création d’emploi dans une économie insulaire
  4. L’adaptation législative face aux défis insulaires
  5. L’ambition territoriale pour le Grand Sud

Je m’engage auprès de vous à agir pour la mise en œuvre de ce programme dont le détail vous est communiqué ci-après et vous invite à le découvrir.

SOMMAIRE

  1. Les solidarités.
  • 1.1         Les personnes âgées: une chance pour l’économie.
  • 1.2         La santé.
  • 1.3         Les personnes porteuses de handicap.
  • 1.4         Mettre fin aux violences faites aux femmes.
  • 1.5         La sécurité publique.
  • 1.6         Le logement, au pied du mur à La Réunion.
  1. L’épanouissement humain.
  • 2.1         «  Pour une Île lettrée ».
  • 2.2         L’apprentissage, une vraie chance pour la jeunesse.
  • 2.3         L’éducation au cœur de mon programme.
  • 2.4         La création d’une Université technologique et professionnelle.
  • 2.5         La continuité territoriale.
  1. La création d’emplois.
  • 3.1         Une priorité pour un tourisme d’expériences.
  • 3.2         L’agriculture: une ruralité de valeurs et d’innovations.
  • 3.3         La création d’un service régional de l’emploi.
  • 3.4         Le développement d’une nouvelle économie, de l’innovation, de la transition énergétique et de l’économie sociale et solidaire.
  • 3.5         Dynamisons nos entreprises.
  1. L’adaptation législative.
  • 4.1         Une nouvelle décentralisation Outre-Mer.
  • 4.2         Un meilleur ancrage territorial
  • 4.3         La création d’un institut régional d’administration.
  • 4.4         Une ouverture régionale sans contrainte.
  1. L’ambition territoriale.
  • 5.1         Une nouvelle grande agglomération pour le Sud.
  • 5.2         La grande ambition du développement durable.
  • 5.3         Une ambition nouvelle pour l’économie bleue.
  • 5.4         Des infrastructures de niveau régional : un aéroport et un quai de débarquement.
  • 5.5         Le numérique est une chance pour La Réunion.

1. Les solidarités

1.1       Les personnes âgées: une chance pour l’économie.

Vieillir en restant chez soi avec sa famille tout en veillant à l’adaptation de son logement et en utilisant les possibilités de la domotique, l’adaptation des moyens de transports, la mise en accessibilité des espaces urbains, tels sont les axes de la silver économie auxquels aspirent les réunionnais.

C’est une ambition dont se sont toujours prévalue nos anciens et une condition indispensable pour une meilleure qualité de vie tout en s’intégrant dans la société de demain.

A l’horizon 2030, La Réunion comptera plus de 200 000 personnes âgées de plus de 65 ans, dont un peu plus de 50 000 dans notre circonscription.

Nous savons tous que les modes de vie sont en train d’évoluer, où l’allégeance au grand âge tend à disparaître, au profit d’un individualisme décomplexé.

Il convient par conséquent que ceux qui ont la responsabilité politique de cette île analysent ce phénomène et proposent des solutions alternatives, en impulsant une dynamique d’anticipation du vieillissement et de prévention des conséquences du grand âge. C’est un défi à relever.

A La Réunion, les places dans les structures d’accueil sont très limitées et quand elles existent, les prix sont relativement élevés.

Il conviendra d’agir auprès des personnes publiques et privées afin de développer des places d’accueil dans le cadre d’une politique fondée sur la solidarité.

Un autre domaine mérite d’être mis en exergue. Il s’agit du renforcement du lien intergénérationnel.

Dans la vie de tous les jours, beaucoup de personnes âgées sont en situation de handicap, et ont besoin d’une présence humaine réconfortante.

La création du service d’aide à la personne qui est proposée dans la thématique emploi, peut être un des outils permettant d’apporter une solution à ce problème d’isolement.

L’utilisation des nouveaux outils de communication notamment le numérique représente aussi un des axes majeurs visant à décloisonner la relation des personnes âgées avec leur environnement.

Enfin, il conviendra aussi de veiller à leur intégration dans la ville afin de créer les conditions de leur participation à la vie communautaire

1.2       La santé

En l’espace de 70 ans, La Réunion a connu des évolutions majeures au plan sanitaire.

Des progrès importants ont permis des avancées significatives en matière d’allongement de l’espérance de vie, d’abaissement du taux de mortalité à la naissance ou encore dans le domaine de l’hygiène et des vaccinations, et sur les recherches en matière de soin de certaines pathologies.

L’espace réunionnais est aujourd’hui couvert par un dispositif de soin composé d’établissements du secteur public et du secteur privé, soit 24 établissements de santé au total.

Cependant, malgré certaines avancées, l’Ile reste en deçà de la couverture santé qui existe en Métropole, et compte tenu de la typologie spécifique de certaines maladies, il convient de s’orienter vers un plan de prévention, dans le cadre d’un projet régional de santé qui vise à mieux prévenir, mieux soigner et mieux accompagner les malades.

Le premier facteur de risque auquel est confronté la population est le diabète de type II. Près de 560 millions d’euros sont consacrés pour le traitement de cette maladie qui représente un véritable fléau. L’Ile compte près de 4 000 demandes d’ALD, et la prise en charge est essentiellement curative.

Les causes sont multiples: alimentation inadaptée, absence d’activité physique, surpoids,…

L’alcoolisme aussi représente une problématique majeure pour une partie de la population. Une illustration en est donnée concernant l’alcoolisation chez les jeunes filles enceintes d’où la création du premier centre de lutte contre l’alcoolisation fœtale.

Par ailleurs d’autres propositions sont à mettre en œuvre dans le cadre de ce projet régional de santé.

Celles-ci portent sur la lutte contre l’obésité par l’activité physique, la prévention des maladies artérielles et cardiovasculaires sur la base d’un plan de nutrition spécifique aux coutumes locales ou encore le soutien aux actions de lutte contre les addictologies.

Dans ce contexte, les réseaux de médecins de ville, doivent se positionner comme des acteurs essentiels compte tenu de leur proximité directe avec la population, et se consacrer ainsi à la prise en charge et au suivi des patients en permettant à l’Hôpital Public d’intervenir sur des pathologies lourdes, et diminuer dès lors l’affluence dans les hôpitaux et aux urgences.

Ce plan de prévention devra aussi comporter un volet consacré à la lutte contre la pollution de l’air facteur de propagation, notamment de l’asthme.

Libérer la créativité de la médecine de ville, agir pour la mise en place d’une plateforme de formation et de recherche pour les maladies tropicales, accentuer la prévention sur les risques métaboliques, augmenter le numérus clausus en tenant compte des spécificités réunionnaises, veiller à identifier les blocages dans les remboursements par les mutuelles des avances payées par les patients et intervenir pour en réduire les délais de paiement, tels sont les axes majeurs qu’il conviendra de proposer dans le programme politique.

Le projet HEPASS (Haute Ecole Professionnelle en Action Sociale et de Santé Océan Indien) représente une avancée majeure dans la mise en œuvre d’une formation de haut niveau dans le domaine de la Santé et du Social à la Réunion.

Ce projet s’articule autour de cinq axes :

  • Faire évoluer l’offre de formation permettant une égalité d’accès des candidats à tous les diplômes de l’action sociale, ainsi qu’à une formation continue tout au long de la vie.
  • Permettre la mobilité géographique à l’international des étudiants
  • Instaurer un dispositif de recherche permanent et reconnu, associé aux autres réseaux nationaux et internationaux afin de produire de nouvelles connaissances
  • Structurer une démarche d’amélioration continue de la qualité comme du dispositif de formation des intervenants sociaux.
  • Et enfin, instaurer une synergie de moyens avec l’ensemble des acteurs de l’ingénierie pédagogique tant sur le plan local, national et International.

Les deux acteurs que sont l’IRTS et L’EMAP en portant conjointement ce projet s’inscrivent dans une démarche opérationnelle de mise en œuvre d’une formation de haut niveau dont les besoins se font sentir à la Réunion.

Il conviendra d’accompagner ce projet en s’appuyant sur les collectivités publiques (Région, Etat, Département et Communes dans le cadre d’une démarche partenariale concertée.

1.3       Les personnes porteuses de handicap

La participation et la citoyenneté des personnes handicapées a permis de créer une dynamique en proposant un processus d’insertion des plus fragiles dans la société et dans le monde du travail grâce à la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, et inscrit le principe d’accessibilité dans les bâtiments comme obligation à mettre en œuvre par les employeurs publics et privés pour 2015..

Nous devons tout faire pour que cette loi s’applique.

L’objectif n’a été que partiellement respecté, des efforts doivent donc être accomplis afin de sensibiliser d’avantage les réfractaires à cette problématique.

Par ailleurs, doivent être prises en compte aussi bien les besoins de la personne dans sa mobilité quotidienne que dans les étapes de sa vie active.

Au-delà du respect de la loi du 5 août 2015 sur l’accessibilité, d’autres actions doivent être mises en œuvre. Citons entre autres : le suivi et le soutien apporté au dispositif de recrutement des jeunes en situation de handicap dans le cadre d’un contrat d’apprentissage à travers le FIPHFP (Fond pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique), qui marque une étape importante dans leur intégration au monde du travail.

D’une manière générale, à l’occasion de ces prochaines échéances électorales, nous devons nous saisir de cette question afin de penser une véritable politique publique du handicap pour La Réunion dans une acception plus large avec l’inclusion de tous les handicaps y compris le handicap mental insuffisamment pris en compte.

1.4       Mettre fin aux violences faites aux femmes.

Les marches blanches qui suivent chaque assassinat d’une femme doivent nous montrer que ce problème est une urgence. Si celles-ci ont marqué les esprits au cours de ces dernières années à travers les comptes rendus de la presse, elles doivent surtout nous encourager à réfléchir sur les solutions à mettre en œuvre pour lutter contre ces violences faites aux femmes.

Ce sujet mérite une attention particulière tant il est symptomatique, des problèmes sociétaux que l’île rencontre.

Au problème d’alcoolisme, le chômage, de promiscuité s’ajoute la perte de repère et de vision d’avenir de la cellule familiale confrontée aux aléas de la vie.

Nous devons sensibiliser la population à ce phénomène en apportant des réponses concrètes qui peuvent être, un accueil mieux adapté lors des dépôts de plainte, la création par les collectivités d’un service dédié avec mise à l’abri d’urgence, l’élaboration d’un parcours de soins pour la prise en charge des personnes victimes.

Rappelons que ces propositions ne pourront être mises en œuvre que dans le cadre d’un partenariat entre collectivités et institutions dans le cadre d’un pilotage assuré par l’Etat.

1.5       La sécurité publique

En matière de sécurité publique, les responsabilités sont clairement établies.

L’Etat en est le garant sur l’ensemble du territoire de la République.

Le Maire est chargé d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publique.

L’armée quant à elle, assurent la Souveraineté de l’Etat sur le territoire sur lequel elle est installée. Dans le Sud ces forces sont représentées par la Gendarmerie, le RPIMA et le RSMA.

Le diagnostic qui peut être établi aujourd’hui met en exergue un certain désengagement des forces de police dû à une insuffisance des effectifs.

Les collectivités qui sont dès lors confrontées aux légitimes préoccupations des administrés quant à leur demande de sécurité et de tranquillité, doivent renforcer leur service de police afin de répondre à l’exigence de service public, quitte à pallier aux faiblesses conjoncturelles des autorités régaliennes.

Compte tenu de l’importance que revêt la problématique de la sécurité sur le territoire, il convient de proposer des actions concrètes afin de mieux optimiser les capacités de nos forces de police.

D’abord, la voie qu’il convient d’explorer consiste à réaffirmer la spécificité des missions de polices municipales et la nécessité de les distinguer de celles des forces nationales, en clarifiant le rôle de chaque entité, tout en favorisant leur complémentarité sur le terrain.

Rappelons que le rôle de la police de proximité consiste à intervenir dans le vaste champ des troubles de voisinage, de rassurer les habitants par les opérations de tranquillité vacances, de veiller à la tranquillité publique depuis quelques années, compte tenu de l’importance de ce nouveau besoin, de veiller à la préservation de l’environnement.

Ensuite, améliorer la coopération avec les forces de police nationale en renforçant les conventions de coordination avec l’objectif de mieux définir les engagements réciproques.

A la police de proximité, la prévention, à la police nationale, la répression.

Enfin, compte tenu de l’étendue des missions de la police de proximité, il est apparu que la consultation de certains fichiers, tels que le fichier national des immatriculations, le fichier national des permis de conduire ou encore celui des véhicules volés puissent être consultés par le Chef de la police parce qu’indissociables de ses missions quotidiennes.

Cette demande a été déjà formulée dans un rapport sénatorial présenté en 2012 dans le cadre d’une mission sur la police de proximité.

1.6       Le logement, au pied du mur à La Réunion

Le logement représente une source d’activité industrielle majeure dans l’économie de La Réunion et la politique du logement et de l’urbanisme doit aussi s’adapter à l’évolution sociologique de la population. Nous devons permettre que les Réunionnais deviennent propriétaires de leur logement.

En 70 ans, La Réunion a connu dans le domaine de l’aménagement du territoire, et par conséquent de la construction de logement une profonde mutation.

Une politique de construction a été impulsée par l’Etat, au début des années 60 modifiant dès lors le paysage architectural réunionnais, engageant de fait un processus d’urbanisation de l’Ile fondé sur le développement des infrastructures et des équipements.

Ce boom immobilier a perduré dans les années 90 grâce d’abord à l’apport de la LBU (Ligne Budgétaire Unique) avec en parallèle l’expansion du secteur privé qui a bénéficié de la conjoncture économique favorable et d’avantages fiscaux.

Cependant, malgré le nombre de constructions réalisées et l’augmentation de l’emprise bâtie – plus de 8 000 ha – dont une grande partie dans le Sud, les besoins n’ont pas été satisfaits puisqu’il existe toujours plus de 30 000 demandes de logements en instance.

Par ailleurs, l’étalement urbain incontrôlé a mis en difficulté les collectivités qui ont été contraintes de réaliser des travaux d’investissement dans les réseaux (eau et électricité).

Compte tenu des enjeux importants inhérents à ce problème, il convient de proposer une réponse adaptée aux différents besoins identifiés.

La mixité sociale et le parcours résidentiel sont les axes majeurs de cette politique.

A ce propos, la création d’un observatoire du parcours résidentiel semble être une proposition adaptée pour mieux maîtriser les mobilités internes en matière de logement.

La mise en œuvre d’une réforme de la gestion de la demande et des attributions de logements sociaux doit aussi permettre d’atteindre l’objectif de cette mixité sociale, notamment dans les quartiers de la politique de la ville.

Dans le cadre d’une stratégie globale d’aménagement, une démarche Grand Sud doit être privilégiée à travers les PLH (Programme Local de l’Habitat) des deux intercommunalités par leur mise en cohérence en matière de construction de logements dans les communes du Sud.

Enfin, la réintroduction de la défiscalisation sur le niveau fiscal antérieur doit aussi être étudiée, de même qu’il sera nécessaire de réviser le concours financier de l’Etat en matière de LBU.

L’ensemble des propositions formulées doit s’inscrire dans un plan cohérent sur la base des thématiques identifiées afin que celles-ci trouvent toutes leur place dans le programme.

Enfin, nous veillerons à ce que la transmission du patrimoine entre les générations soit facilitée en réduisant de 15 à 10 ans le délai entre deux donations, et ramènerons à 15 ans le délai de détention pour une exonération totale des plus-values immobilières, de façon à vivifier le marché du logement et l’accès à la propriété plus rapidement.

 

 2. L’épanouissement humain

Vers une éducation plus proche, une éducation mieux adaptée à notre société. L’éducation doit tendre vers un système de formation lisible, cohérent et équilibré à l’échelle du territoire Réunionnais. Nous devons tout faire pour former les élèves à une insertion sociale et professionnelle réussie et répondre aux besoins des entreprises locales et nationales en tenant compte de l’épanouissement de nos jeunes.

2.1       «  Pour une Île lettrée »

L’illettrisme a toujours constitué une préoccupation majeure pour l’épanouissement humain à La Réunion. L’éradication de l’illettrisme constitue une priorité de politique publique et un préalable au développement économique et social de La Réunion.

Nous devons tout mettre en œuvre pour accompagner un dispositif de lutte contre l’illettrisme avec une évaluation annuelle afin d’endiguer ce fléau. L’illettrisme est générateur d’exclusion et les remèdes pour le combattre doivent être innovants, incitatifs et généreux si nous voulons atteindre notre objectif.

Une proposition consisterait en la possibilité d’octroyer une aide financière à ceux qui voudraient s’inscrire dans un parcours d’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

2.2       L’apprentissage, une vraie chance pour la jeunesse

Nous devons également repenser totalement avec la Région, nos offres de formation et d’apprentissage pour préparer nos jeunes aux emplois d’aujourd’hui, mais surtout de demain. Nous mettrons en place une exonération totale des charges sociales pour l’embauche d’un jeune en alternance. Nous généraliserons progressivement la formation en alternance à l’ensemble des formations. Il convient aussi de déverrouiller le dispositif d’inscription à pôle emploi afin de faciliter l’embauche de jeunes en contrat d’alternance titulaires d’un bac+2 ou bac +3 qui rencontrent des difficultés pour obtenir un contrat du fait de la réglementation actuelle.

2.3       L’éducation au cœur de mon programme

Nous proposons une conception moderne de l’éducation à travers l’instruction et la formation d’un citoyen éclairé, lucide, qui sache réfléchir, analyser, résoudre, communiquer, penser par lui-même. L’école de la République doit permettre d’offrir à chacun des élèves une voie de réussite par l’acquisition des connaissances et des compétences attendues et exigibles pour s’insérer socialement et professionnellement dans la société.

Si les électeurs choisissent de me faire confiance et de m’élire député, je m’engage à intervenir à l’échelon national pour porter ma vision de l’école, ma vision d’une école plus juste et plus efficace qui joue mieux son rôle d’ascenseur social, en particulier pour les élèves de l’Académie de La Réunion qui doivent être considérés selon leurs spécificités.

Priorité au primaire: l’acquisition des savoirs fondamentaux en maternelle et à l’élémentaire, afin que tous sachent lire, écrire et compter en 6ème. Travailler avec les municipalités pour créer de nouvelles salles ou espaces de travail dans les écoles nécessaires pour favoriser les dédoublements. Revenir sur la réforme du temps scolaire bâclée et l’organisation du temps périscolaire et sa prise en charge par les communes.

Infléchir la réforme du collège qui s’est faite à moyens constants avec la suppression des classes bilingues, et des modifications des conditions d’enseignement du latin.

Soutenir l’évolution d’un baccalauréat obtenu avec une part en contrôle continu.

Travailler sur le recrutement et la formation des enseignements en proposant une formation plus pratique autour de compétences spécifiques à l’enseignement disciplinaire en relation avec une formation plus poussée autour du référentiel de compétences des métiers du professorat.

Et bien entendu tous ces efforts seraient vains si on n’intégrait pas plus encore les parents dans la scolarité des élèves.

2.4       La création d’une Université technologique et professionnelle

Dans le cadre de l’enseignement supérieur à La Réunion nous avons besoin d’offrir aux étudiants des formations techniques et professionnelles, la chance de faire des études supérieures au niveau bac +2, bac +3 et bac+5. Notre économie et notamment notre industrie ainsi que les entreprises du bâtiment recherchent de nombreux techniciens, ouvriers qualifiés ou ingénieurs qui peuvent être occupés par des étudiants réunionnais en formation permanente ou en formation continue.

Nous devons pour répondre à cette demande, augmenter à La Réunion le nombre d’IUT dans les domaines concernant l’agro-alimentaire, le BTP, les nouvelles technologies et le développement durable, ouvrir de nouveaux BTS dans le domaine de la logistique, du traitement des déchets et de l’aide à la personne, etc…, installer des écoles d’ingénieurs, pour permettre une continuité dans les filières techniques.

Nous avons la chance de recevoir sur le territoire du Sud la filière médicale et para-médicale et nous devons viser un enseignement jusqu’au niveau 5 en lien avec l’Université et les CHU nationaux, et ouvrir cette formation aux étudiants de l’Océan indien pour en faire une Université d’excellence.

2.5       La continuité territoriale

La Réunion doit bénéficier de la solidarité nationale et européenne pour la continuité territoriale en permettant à toutes les familles réunionnaises de voyager à un prix raisonnable.

Pour ce faire il convient de veiller à assurer le retour de l’Etat dans le financement du dispositif de continuité territoriale et travailler sur l’ouverture du ciel Réunionnais notamment en exploitant mieux les hubs régionaux. Par ailleurs, nous devons nous inscrire dans la démarche de la Région qui a plaidé auprès de la Commission européenne pour la création d’une allocation additionnelle « FSE surcoûts » qui devra permettre de renforcer les moyens mobilisés en faveur des jeunes et des personnes les plus éloignées du marché de l’emploi. Ce sont ces dispositifs qui doivent nous permettre de surmonter le défi de l’éloignement

  1. La création d’emplois

3.1       Une priorité pour un tourisme d’expériences

Nous avons la chance de vivre sur une des plus belles iles au monde tant par ses caractères naturelles, ses paysages, sa biodiversité que l’harmonie de ses cultures et de sa population. Donnons-nous toutes les chances pour qu’elle devienne une île touristique connue internationalement et qu’elle offre aux touristes des services et créée des emplois de qualité.

L’Ile de La Réunion est une destination touristique qui s’est décrétée tardivement. L’ile dispose cependant d’un potentiel touristique évident qui devient primordial au développement économique réunionnais.

En 2016, le nombre de touristes recensés était de 450 000 pour une recette générée d’environ
300 millions d’euros. Les activités liées au tourisme représentent en effet plus de 4 700 entreprises, plus de 13 000 salariés soit 7% des effectifs salariés. Cette industrie se compose essentiellement de très petites structures.

Le tourisme réunionnais est singulier de par l’importance de sa clientèle locale: plus de la moitié des dépenses touristiques sont ainsi effectuées par des locaux.

Aujourd’hui, si La Réunion ne fait pas encore partie des destinations les plus prisées, l’offre ne s’avère pas forcément être en adéquation avec les attentes de la clientèle extérieure que ce soit dans les secteurs de l’hébergement, du transport aérien ou encore des activités de loisirs.

Les principales raisons au rôle encore modéré du tourisme dans l’économie réunionnaise sont de trois ordres :

  • Les charges importantes supportées par les embauches et le coût différencié de la vie créant une disparité en terme de concurrence notamment avec nos voisins mauriciens
  • La professionnalisation insuffisante du personnel : en matière d’accueil, des formations qualifiantes spécifiques à ce secteur, des niveaux mêmes de formation
  • Une capacité d’accueil limitée

L’essor touristique de La Réunion ne peut se faire que par la mise en œuvre d’un schéma de valorisation des potentialités du territoire. Ce plan comprendra de multiples propositions visant à faire de la Réunion mais aussi de la Région Sud une destination touristique à part entière dans la zone Océan Indien.

Il s’agira ainsi de promouvoir la création d’entreprises touristiques. Le développement du tourisme reste en effet conditionné par la progression de l’offre hôtelière qu’elle soit classée ou de petites structures (gîtes, meublés de tourisme…). Le déploiement de l’offre permettra ainsi la croissance en terme d’emplois salariés mais également non-salariés (auto-entreprenariat).

De manière globale, il s’agira d’inscrire le tourisme comme secteur prioritaire, cette faculté ouvrant la possibilité d’obtenir des exonérations et des allègements fiscaux et sociaux en matière de recrutement et de créations de structures sur une durée favorisant la pérennisation de l’activité touristique.

Afin de participer efficacement à l’objectif de plein emploi de ce secteur, il conviendra d’agir pour la mobilisation et le maintien des dispositifs existants en matière d’aide à la création de structures (fonds européens), d’acter la poursuite des plans régionaux et de travailler à la création d’un dispositif d’accompagnement à la création d’emplois touristiques en lien avec l’Etat et les acteurs publics.

Le développement d’hôtels vernaculaires qui pourront s’intégrer parfaitement dans l’environnement seront soutenus fiscalement afin d’optimiser le tourisme durable. La création d’un réseau ou d’un label sera mis en place afin d’accompagner les structures et petites exploitations agro-touristiques, les recenser, les fédérer et les légitimer au plan national.

En matière de valorisation du patrimoine, un effort à la construction d’évènementiels et de circuits culturels et de loisirs sera recherché. Les loisirs sont considérés comme activité touristique, susceptible d’intégrer le cadre de ce secteur prioritaire et bénéficier ainsi des avantages en découlant.

Focus sur la desserte aérienne

Le développement du tourisme à La Réunion et dans la région Sud ne saurait se concevoir sans le soutien à l’aéroport de Pierrefonds et le développement d’autres alternatives.

Saint-Pierre dispose d’un aéroport qui se positionne comme équipement structurant au service de l’attractivité du territoire. La pertinence de cette infrastructure n’est plus à démontrer mais à affirmer. L’aéroport de Pierrefonds présente l’avantage d’offrir une complémentarité à l’aéroport Roland Garros. Le renforcement des partenariats aériens, le développement de nouvelles dessertes privilégiant les pays de la zone Océan Indien (notamment le Hub de Plaisance à Maurice) seront à rechercher. A l’instar de la reconnaissance du secteur tourisme comme secteur prioritaire, le classement de l’aéroport de Pierrefonds dans cette catégorie lui permettra d’accéder aux divers abattements de charges prévus par la loi, de bénéficier des aides d’état et européennes et par la suite de permettre par exemple la réduction de la taxe aéroportuaire, des coûts liés à la sûreté et à la sécurité.

Enfin, la libéralisation de l’espace aérien est une demande forte dans ce programme. Elle permettra de soutenir non seulement la contractualisation de partenariats avec les compagnies de la zone OI et internationales à terme, mais également l’arrivée de compagnies low cost.

Le développement du secteur du Fret à Pierrefonds reste également la condition à la rentabilité de la structure aéroportuaire.

Malgré les chocs qu’a connu La Réunion dans le domaine touristique qui ont entraîné des résultats mitigés au cours des trois dernières années, ce secteur est porteur d’avenir avec des potentialités uniques s’articulant autour de la mer, de la nature et de la culture. Il s’agit par conséquent de bâtir un nouveau cadre compétitif afin de sortir le tourisme réunionnais de la seule problématique des coûts, vouée à l’échec, tant nos concurrents disposent d’une longueur d’avance sur nous. Les simplifications des procédures de visa et la mise en cohérence de toute notre politique touristique devront nous permettre d’aborder l’avenir dans de meilleures conditions.

3.2       L’agriculture: une ruralité de valeurs et d’innovations

L’Île de La Réunion a été et reste un territoire agricole fort de son expérience et riche de ses innovations. Nous sommes à un tournant d’une évolution historique dans lequel nous devons conserver tous les atouts, les acquis et la modernisation de la canne à sucre tout en permettant une large diversification du modèle agricole des productions réunionnaises, de l’agriculture et de l’élevage pour fournir le marché local et penser même à l’exportation.

Malgré les efforts accomplis par les pouvoirs publics afin de soutenir ce secteur d’activité, de grosses incertitudes existent, hypothéquant l’avenir, nous devons nous engager afin que les agriculteurs vivent décemment de leur production.

La première concerne la fin du quota sucrier pour 2017, accordé par l’Europe et qui a permis aux planteurs de bénéficier d’un prix garanti.

On peut également citer d’autres difficultés, comme le coût prohibitif de l’eau d’irrigation, la retraite agricole très faible (environ 540 euros mensuel pour un couple contre 1242 euros en Métropole), des normes inadaptées à la situation locale, le coût important des intrants, la concurrence des produits locaux par rapport à l’importation, l’incertitude concernant la pérennisation des 28 millions d’euros accordés par l’Etat afin de sauvegarder la production sucrière.

Face à l’ensemble de ces problèmes, loin d’être exhaustifs, il convient de proposer des solutions susceptibles d’être mises en œuvre à court et à moyen terme.

Dans ce cadre, il est proposé d’étudier une baisse des charges en matière d’irrigation, qui représente aujourd’hui environ 15€/ tonne de canne, une aide pour diminuer le coût des intrants ou encore un travail de lobbying pour revoir les charges d’exploitation et les charges sociales.

Par ailleurs, il convient de mettre en place une convention spécifique du type contrat saisonnier avec la CAF, Pôle Emploi, comme cela existe en Métropole, afin de préserver le revenu minimum des bénéficiaires œuvrant dans le milieu agricole.

Compte tenu de l’importance que revêt aujourd’hui la filière bio et du savoir-faire local, la structuration de cette filière devient une exigence en terme de complément d’activité de la canne à sucre qui pourrait dès lors s’inscrire dans un label qualité haut de gamme.

Il en est de même pour la filière agrotourisme avec le label Bienvenue à la Ferme.

Dans le domaine de la formation, il est proposé la création d’une école d’agriculture formant les jeunes au titre d’ingénieur, le développement de formation des agriculteurs aux nouvelles technologies et l’accompagnement des expérimentations innovantes en valorisant les innovations pionnières.

En matière de réglementation, l’objectif assigné réside dans la mise en place d’une réglementation adaptée en matière de commande publique afin de répondre aux marchés lancés par les collectivités, en privilégiant l’environnement et la proximité.

Enfin, en vue de préserver la filière canne à sucre, il est important de renforcer la vigilance vis-à-vis de la Commission Européenne quant aux négociations menées sur les accords de libre-échange.

En conclusion, La Réunion dispose d’atouts. Elle a réussi non sans effort dans le domaine de l’agroalimentaire, puisqu’elle est pratiquement autonome dans la filière viande fraîche et œufs.

Cependant, pour lui permettre de poursuivre dans la voie d’une transformation de son secteur agricole en lui donnant une plus forte valeur ajoutée, il convient pour elle de disposer d’un cadre global d’intervention fondée sur une flexibilité stratégique, bref de disposer d’une certaine autonomie de décision au niveau local.

3.3       La création d’un service régional de l’emploi.

La faiblesse du marché local, le nombre limité des activités industrielles, le vieillissement de notre population, l’implication de notre environnement nécessitent la mise en place d’un service régional de l’emploi tourné vers deux secteurs importants: celui de l’aide à la personne et aux plus fragiles et celui d’un éco- développement.

Face à cette situation, je propose un plan d’action qui vise à créer en faveur du jeune, un contrat unique comprenant la formation adaptée, avec un contrat à la clé sur une période de 3 ans minimum. L’objectif est d’insérer le jeune dans le dispositif emploi sur la base des aides octroyées par l’Etat.

Il convient aussi de mettre en place un partenariat entre Pôle Emploi, les collectivités, des coopératives d’activités à créer afin de concevoir un guichet unique de l’emploi aidé pour faciliter l’accès des jeunes à ce type d’insertion.

De même, le développement des chantiers ACI doit être privilégié parce que poursuivant une double ambition: d’une part, donner une formation qualifiante aux jeunes et d’autre part réaliser les travaux d’intérêt public.

3.4       Le développement d’une nouvelle économie, de l’innovation, de la transition énergétique et de l’économie sociale et solidaire.

L’Île de La Réunion doit se donner un défi qui est de réussir avant tout autre région métropolitaine sa transition énergétique vers une autonomie électrique en 2030. Nous devons nous réorienter vers plus d’autoconsommation ce qui ferait émerger les initiatives et qui semblent incontournables pour que notre île non connectée réussisse sa transition énergétique. L’économie sociale et solidaire (ESS) se caractérise par une vision d’utilité sociale plus que par la recherche d’un gain. Elle rassemble des personnes autour de valeurs fortes que sont l’équité et l’environnement et qui placent l’homme comme acteur au sein de cette économie et de son environnement. En 2014, l’ESS employait 2,38 millions de personnes en France, soit plus de 12% de l’emploi privé. A La Réunion, l’ESS représente 24 226 emplois pour 2 046 établissements. Le 24 mars dernier, 48 lauréats ont été désignés suite à l’appel à projet ESS lancé par le gouvernement. Nous ne devons pas négliger cette nouvelle forme de l’économie plus rassurante pour l’avenir que l’économie des échanges mondiaux et des multinationales. L’implantation historique de l’ESS dans les territoires se conjugue d’ailleurs avec une forte dynamique d’innovation et d’implication des hommes et des femmes dans un projet territorial et de coopératives.

Les besoins sociaux mal satisfaits n’arrêtent pas de croître à la mesure du double échec du secteur privé d’une part, à assurer le plein emploi et de l’Etat Providence d’autre part, à lutter efficacement contre l’exclusion sociale et la précarité sous toutes leurs formes   et à les prévenir.

L’ESS, pour apporter les réponses adéquates attendues par la population, a simplement besoin d’être mieux financée par le secteur public et par de nouvelles sources de financement, notamment européennes. L’ESS comprend notamment des entreprises, des coopératives, des associations, des scop et autres, dans des secteurs porteurs comme les aides à la personnes, les temps péri-scolaires, les sports et les loisirs, le recyclage des déchets, etc. Pour soutenir et encourager l’ESS sous toutes ses formes dynamiques, il devient incontournable de  mettre en place un véritable accompagnement à la création mais aussi à la consolidation financière des structures de l’ESS. Il faudrait financer l’ingénierie de projet, les études de marché, l’établissement des modèles économiques afin que les structures de l’ESS puisse gagner en crédibilité et mobiliser les fonds dédiés à ce pan nouveau de l’économie.

Enfin, il semble opportun, surtout à La Réunion de mettre l’ensemble des acteurs soutenant l’ESS autour d’une table afin de coordonner leurs actions et d’obtenir, comme pour une entreprise classique, une nécessaire simplification des démarches à entreprendre et mener dans la conduite des actions des acteurs l’ESS.

Les projets d’innovations de l’ESS se développent aussi dans le domaine de l’alimentation (approvisionnement de restaurants collectifs et cantines scolaires en produits biologiques et locaux) et de l’industrie du bois. Dans le domaine financier, les banques coopératives et certaines mutuelles proposent aujourd’hui des produits d’épargne solidaire qui, avec un encours de 6,84 milliards d’euros, permettent de financer des projets à vocation sociale et/ou environnementale. Par ailleurs, de nouvelles opportunités sont offertes pour épargner avec les sociétés de capital-risque solidaire (30 établissements en France) qui permettent d’investir dans des entreprises d’utilité sociale. Les associations ont été pionnières sur les activités de collecte et de réemploi, en particulier des vêtements et des appareils électroménagers, avec un bénéfice à la fois économique : offrir à moindre coût des produits de qualité et environnemental : lutter contre le gaspillage et la surproduction : des principes qui sont aujourd’hui repris dans le reste de l’économie. Les mutuelles de santé et d’assurance, par les excédents de gestion parfois importants qu’elles dégagent, investissent dans la recherche, la prévention et le développement : création d’un laboratoire d’études spécialisé dans l’accidentologie des deux roues, équipement de télémédecine pour les Ehpad en milieu rural, soutien à des projets innovants de prévention, etc.

3.5       Dynamisons nos entreprises

Nous devons mettre en place un principe de stabilité des aides pour donner de la visibilité aux entreprises. Cette stabilité devra être au cœur de la négociation de la LODEOM qui sera négociée dès la fin de l’année 2017. Nous devons par ailleurs sanctuariser les efforts financiers de l’Etat sur  une période 10 ans.

Comme pour le département de la Guyane, nous avons besoin d’une aide financière importante non seulement pour les équipements publics, le logement mais aussi pour l’emploi.

Nous avons urgemment besoin d’abaisser le coût du travail pour faciliter la création d’emplois.

Les propositions que nous pouvons formuler sont l’abaissement à zéro charge sociale sur tous les salaires jusqu’à deux SMIC pour toutes les entreprises de la LODEOM et celles de moins de 11 salariés et une simplification des toutes les procédures administratives permettant aux entrepreneurs de se concentrer sur leurs activités.

Par ailleurs, notre île doit se doter  de zones franches globales d’activité qui existent dans toutes les îles dont leurs objectifs consistent en la transformation des produits locaux et leurs industrialisation, et qui auraient pour ambition d’exporter une partie de sa production.

Cette zone franche s’articule autour de deux principes: une puissante baisse d’impôts pour toutes les entreprises de la LODEOM et un nouveau statut d’entreprise franche pour les entreprises exportatrices ou les plus exposées à la concurrence (notamment le tourisme et toutes les activités qui peuvent se rapporter comme les aéroports).

Enfin, nous devons prolonger les défiscalisations spécifiques Outre-Mer inscrite dans la LODEOM, la simplifier pour que les décisions soient prises localement et que notre administration puisse en apprécier l’opportunité.

Nous devons encore défendre les spécificités de notre production en les excluant des accords commerciaux, internationaux. Nous devons interdire que notre île soit un territoire d’importations export pour la production continentale et nous devons exclure l’arrivée des produits de dégagement qui concurrencent notre production locale.

  1. L’adaptation législative

4.1       Une nouvelle décentralisation Outre-Mer

L’Île de La Réunion, Département Français depuis mars 1946, région ultra périphérique européenne a subi de profondes transformations des infrastructures (éducation, santé,…) de son environnement économique et de sa société.

Nous sommes profondément attachés à cette double appartenance qui s’est inscrite dans la Constitution et qui ont été renouvelés dans le mémorandum des RUP 2017.

Néanmoins, il subsiste à La Réunion des handicaps importants et la nécessité de s’insérer dans son environnement régional indio-océanique avec ses propres forces et ses atouts.

Il convient par conséquent face à ses nouvelles opportunités de travailler à un nouvel acte majeur de la décentralisation réunionnaise dans lequel une responsabilité plus grande sera accordée aux acteurs locaux.

La Réunion devra penser un nouveau mode de développement adossé à un projet de société où tous ses habitants trouveront leur place quelle que soit leurs conditions.

Ce mode de développement devra s’appuyer sur les potentialités de l’Ile, à travers plus de souplesse dans la mise en œuvre des dispositifs résultant de cette politique qui autoriseront les adaptations institutionnelles nationales et européennes.

La Réunion peut s’en sortir. Elle dispose d’atouts, de ressources, d’un patrimoine, d’une identité, d’une terre, d’hommes et de femmes volontaires.

4.2       Un meilleur ancrage territorial

Nous devons tous, consommateur, acteur économique, entrepreneur, politique, etc…, rester solidaires vis-à-vis de notre territoire. Ce défi passe par une relocalisation des flux économiques plus denses sur notre propre territoire insulaire pour un ancrage territorial plus fort. Oser la production pays, permettre toutes les initiatives contribuant à faire gagner le territoire réunionnais, accompagner l’entreprise dans toutes ses étapes de croissance, trouver des financements qui facilitent sa projection vers l’extérieur telles sont les ambitions d’une réflexion globale pour redonner du sens à une économie insulaire.

Nous devons par exemple travailler sur un nouveau Code des Marchés Publics plus adaptés à notre éloignement, notre insularité, notre marché, la taille de nos entreprises, et les commandes de nos collectivités. A quoi servent les règlements et les lois qui contraignent, freinent, empêchent parfois plus qu’ils ne facilitent notre propre éloignement insulaire et la création d’emploi que cela génèrent. Nous avons opté pour un modèle de développement d’import substitution basé sur les productions de qualité qui sont aujourd’hui concurrencées par des importations de masse du fait de la mondialisation. Donnons aux collectivités qui sont les principaux maitres d’ouvrages dans le cadre des marchés publics, la possibilité d’adapter le Code des Marchés Publics afin d’accélérer l’ancrage territorial, l’emploi insulaire et en définitive le développement économique et nos talents.

Parallèlement, les normes nationales doivent être mieux adaptées à notre environnement climatique, géographique, climatique, insulaire pour éviter des contraintes inadaptées dans de nombreux domaines de l’agriculture, de l’économie, du BTP, de l’énergie. Nous proposons par exemple des objectifs de constructions et des règles ne doivent plus être nationales mais régionales et doivent tenir compte du marché local du logement. Prenons comme exemple, les contraintes techniques pour les panneaux photovoltaïques qui ont les mêmes caractéristiques que ceux de l’hémisphère nord en faisant référence aux poids des différentes couches de neige sur les panneaux.

4.3       La création d’un institut régional d’administration

Les jeunes Réunionnais ont à cœur de travailler dans les collectivités réunionnaises qui ont besoin de plus de compétences, de qualifications, d’innovations. Créons à La Réunion un institut régional d’administration ouvert tant à la formation initiale qu’à la formation continue qui pourra permettre à tout le personnel de préparer des concours de la Fonction Publique Territoriale, Fonction Publique d’Etat et Hospitalière, et également aux étudiants d’embrasser une carrière publique au service de leur île.

4.4       Une ouverture régionale sans contrainte

La Réunion est désormais inscrite dans une dynamique régionale traversée par l’ambition des grandes puissances, de la Chine, de l’Inde et des nouvelles puissances africaines émergentes. Nous devons redonner de la cohérence à nos relations commerciales et économiques en général avec les puissances de l’Océan Indien et en premier lieu Madagascar.

Il n’est pas admissible que l’Europe négocie des accords commerciaux avec des pays tiers de nos régions qui sont alors nos concurrents directs sans que nous soyons concertés préalablement sur les effets négatifs sur notre économie. Les Régions Ultra Périphériques ne peuvent plus être considérées comme de simples régions isolées, dans une mondialisation trop agressive. La concurrence est certes nécessaire pour le commerce mais faut-il encore qu’elle soit loyale avec tous les partenaires et bénéfiques in fine au consommateur.

Nous devons par ailleurs, demander aussi au Gouvernement des responsabilités plus larges pour tout ce qui concerne les décisions économiques afin de pouvoir négocier en direct de manière plus efficace celles qui touchent directement l’économie et le développement de La Réunion.

Naturellement, cette autonomie de décisions ne concerne que les pays de la Zone Océan Indien et les puissances économiques de la zone.

  1. L’ambition territoriale

5.1       Une nouvelle grande agglomération pour le Sud

Les dix communes du Sud se trouvant au sein des deux communautés d’agglomérations se situent dans une même unité géographique. Elles possèdent des avantages, à coopérer, travailler, construire ensemble leur environnement touristique, agricole, économique, universitaire et sanitaire dans le cadre d’un schéma de cohérence et d’organisation adaptée.

Au-delà des adaptations pouvant être proposées, portées par le député dans le cadre de la nouvelle législature, il conviendrait aussi de se questionner plus particulièrement sur le développement de la Région Sud.

Quelle structure administrative proposer afin que le Sud connaisse un développement à la hauteur de ses ambitions ?

La solution qui semble être susceptible d’être mise en œuvre concerne la création d’une intercommunalité unique rassemblant les deux EPCI actuelles de la région sud.

La structure juridique qui pourrait être adaptée à ce process est soit une nouvelle communauté d’agglomération soit une Métropole, à condition de modifier les textes en vigueur.

Les avantages quant à la création d’une Métropole seraient nombreux notamment en termes de nouvelles compétences et de financement.

Je propose d’aller dans cette voie et d’agir auprès des décideurs pour porter ce projet.

5.2       La grande ambition du développement durable

Le développement durable doit par conséquent être appréhendé comme un outil de gestion globale au service d’une ambition portant sur l’utilisation raisonnée de biens communs pour les besoins de notre génération et celle qui nous succèdera.

Les champs dans lesquels s’inscrit cette problématique sont très vastes. Nous nous bornerons à identifier quatre points sur lesquels des réflexions et propositions seront formulées :

  • le traitement des déchets
  • la gestion de l’eau
  • le transport
  • et enfin les énergies renouvelables

Le premier point aborde la problématique du traitement des déchets

Le traitement des déchets est devenu au cours de ces dernières années dans le Sud une urgence absolue tant le problème se pose avec une certaine acuité. 587 000 T produit en 2012 soit 600 T/ habitant par an.

Le centre d’enfouissement de la Rivière Saint Etienne est arrivé à saturation. Deux millions de tonne de déchets y ont été stockés depuis 30 ans.

Un nouveau casier a été construit afin de pallier temporairement aux besoins. Avec l’augmentation de la population et la production de plus en plus importante de déchets, une structure intercommunale dénommée ILEVA chargée d’étudier un dispositif nouveau visant à trouver une solution appropriée à la résolution de ce problème a été créée. La construction d’une usine de traitement dont le coût est évalué à 250 Millions d’euros sera ainsi portée par cet établissement public.

Il conviendra pour le futur député d’agir auprès des Instances Nationales et Européennes afin de contribuer au  portage de cette opération.

Mais la réalisation de cet investissement local ne règle pas le problème de déchets sans la mise en œuvre d’une politique d’ensemble, traduite dans la loi sur le Grenelle de l’Environnement en hiérarchisant les modes de gestion à travers la prévention, l’économie circulaire, l’élimination.

La prévention par la réduction de 10% des déchets ménagers produits d’ici 2020 et l’économie circulaire par le réemploi de 60% des déchets non dangereux en 2025 dans le cadre de la politique active en matière de tri.

Par ailleurs, une proposition consiste à inscrire le Sud comme bassin innovant de l’EEDD à travers un dispositif hub, suivant l’exemple du TECHLAB de Nancy. Ce hub se caractérise par la création d’un lieu vivant où les groupes de projets collaborent entre eux pour susciter des idées nouvelles ou lever les points de blocage qui sont identifiés.

La pédagogie doit aussi être renforcée à travers une éducation appropriée aux gestes économes tant pour les enfants, les adultes que les industriels.

Le deuxième point concerne la gestion de l’eau.

La loi sur l’eau du 30 décembre 2006 a eu une double ambition, d’une part se donner les outils pour atteindre l’objectif de bon état de l’eau fixé par la directive cadre sur l’eau, et d’autre part, l’accès à l’eau pour tous avec une gestion transparente.

Le Sud a encore des progrès à accomplir dans ces domaines. Une des solutions envisagées réside dans la mise en place d’une gestion globale de l’eau par le biais de la grande intercommunalité du Sud.

Ainsi pourraient être gérées la construction d’usines de potabilisation d’eau, la lutte contre les déséquilibres des écosystèmes aquatiques par la maîtrise des intrants dans les bassins versants, la réduction à la source des pollutions industrielles, artisanales ou encore le développement de la coopération régionale par la mise en place des programmes de recherche adaptés à la zone Océan indien, et enfin la gestion intelligente du réseau d’eau grâce aux dernières avancées technologiques en matière de recherches de fuite.

Le troisième volet de la réflexion porte sur le transport.

Ce volet s’intègre totalement dans le dispositif du développement durable.

La congestion du centre-ville et des entrées de ville nous incite à réfléchir de manière globale sur cette problématique.

65 000 voitures transitent tous les jours par Saint-Pierre en direction de Saint-Louis.

Les villes du Sud sont asphyxiées et la pollution de l’air ne cesse de croître.

La mise en œuvre d’une politique globale de transport pour la Réunion s’impose avec sa déclinaison dans le Sud. Il convient d’œuvrer pour la création d’un réseau de transport en commun guidé, desservant tout le bassin Sud, d’améliorer l’offre de service pour l’usage des modes doux, d’encourager la recherche technologique permettant de réduire la dépendance aux hydrocarbures, et enfin de développer les solutions alternatives au tout voiture par la mise en place d’un service d’éco mobilité porté éventuellement par la SPL OPUS.

Il s’agira de déployer des stations pour véhicules électriques dotées de points de recharge, et dont la réservation pourrait se faire sur smartphone, à partir de bornes ou sur internet.

L’objectif est de proposer une offre nouvelle sur le territoire du Sud encore trop dépendant de la voiture.

Enfin, conformément à une sollicitation récurrente des élus locaux depuis plusieurs années, la demande de La Réunion d’émarger à la Dotation Transport Ferroviaire sera renouvelée compte tenu de nos ambitions en matière d’un mode de transport ferré.

Le dernier volet du projet porte sur les énergies renouvelables.

L’Ile a connu, au cours de ces dernières décennies un développement rapide à travers une croissance démographique importante, une hausse continue de son niveau de vie et par conséquent un besoin énergétique exponentiel.

La production électrique est assurée à La Réunion à plus de 62% par le charbon et le fioul.

Les énergies renouvelables et la bagasse assurent respectivement 29% et 9 % de la production totale. Albonia est un partenaire important d’EDF puisque c’est cette entreprise, qui grâce à ses deux usines du Gol et de Bois Rouge, produit en partie l’énergie électrique fournie aux Réunionnais.

Comme nous le constatons, le chemin vers l’indépendance énergétique est encore long, mais les moyens à mettre en œuvre pour y arriver existent.

Aujourd’hui, La Réunion se place au 3ème rang Européen en matière de production d’énergie photovoltaïque, et au 2ème rang concernant les chauffe-eau solaires.

Mais nous devons aller encore plus loin et mettre en œuvre un plan d’action visant à répondre à la hausse de la demande en électricité à partir d’un mix énergétique à l’horizon 2020 et 2030.

Notre Ile dispose d’atouts pour y arriver, notamment le soleil, le vent, la bagasse, l’hydraulique.

C’est un plan d’action combiné qu’il convient de mettre en œuvre dans lequel chaque point de croissance du besoin électrique devra être couvert par les énergies propres.

Des propositions sont formulées notamment à travers le développement de cannes fibreuses, de même que la création de ferme agri solaire, servant de complément de ressources du secteur agricole.

A moyen terme, et compte tenu des travaux de recherches menés sur le plan international, notamment en Islande, la géothermie deviendra une production de base du mix énergétique de La Réunion, sous réserve d’adaptation des normes réglementaires d’utilisation des espaces.

Au-delà de ces aspects concrets de production énergétique, l’éducation quant à l’utilisation par la population de l’énergie devra devenir une priorité, notamment en direction de la jeunesse.

En effet, s’agissant du Sud, sur le territoire duquel la progression des besoins en énergie sera très importante dans les années à venir compte tenu de son développement tant dans le domaine de la  création d’industrie, que dans celui de la croissance de la population, l’idée serait de déployer un pôle d’excellence et d’innovation autour de la recherche en matière de technologies et d’énergies renouvelables.

Le Sud pourrait devenir le laboratoire pour le développement du mix énergétique. C’est un défi que nous devons relever.

5.3       Une ambition nouvelle pour l’économie bleue

Avec une zone économique exclusive de 315 000 km² la Réunion entend bien exploiter les ressources qui s’y trouvent et notamment les produits de la pêche.

Cette activité se répartit en trois catégories : la petite pêche dont les produits s’écoulent principalement sur le marché local, la pêche palangrière formée de la pêche côtière et de la pêche au large est estimée entre 2 000 et 3 000 tonnes annuelle dont près de la moitié s’exporte et la grande pêche industrielle.

C’est donc un secteur important de l’économie réunionnaise, créateur d’emplois dans les domaines du traitement, de la transformation, de la conservation et de la commercialisation des produits de la mer. Il concerne près de 2 500 emplois. Cependant force est de constater que l’importance de la pêche à la Réunion décroit au fil du temps.

En effet, la situation économique de ce domaine d’activité reste fragile et doit faire face à des difficultés diverses telles que la baisse de la consommation des produits issus de la pêche réunionnaise en raison d’une importation massive, une organisation commerciale insuffisante pour valoriser la filière, la vétusté des bateaux de pêche ou encore une compétitivité défavorable aux pêcheurs locaux par rapport à ceux de la zone notamment au niveau des salaires et des charges fiscales.

Voilà pourquoi, il est important d’accompagner et soutenir cette filière, en attirant l’attention de la commission pêche du parlement européen sur la spécificité des Rup (Régions Ultrapériphériques) en proposant de mettre en place des règles spécifiques aux flottes des Rup et notamment de La Réunion, à travers l’adaptation réglementaire en matière fiscale et sociale.

Pour dynamiser ce secteur, il convient aussi d’agir pour l’obtention d’aides spécifiques permettant aux pêcheurs le renouvellement des flottes traditionnelles ou artisanales qui débarquent la totalité de leurs prises dans les ports réunionnais.

Il existe aussi un réel potentiel économique sur les produits de la mer à La Réunion, c’est pourquoi il convient de mener une politique active visant à développer la filière de l’aquaculture tant sur le plan maritime que continental.

Enfin l’économie bleue qui recouvre la pêche, le transport, les activités portuaires ou encore les activités émergeantes telles que l’énergie marine, l’énergie renouvelable, la biotechnologie, représente un fort potentiel en matière de création d’emplois. Elle devra par conséquent être inscrite dans le programme et ancrée sur le territoire du Sud.

5.4       Des infrastructures de niveau régional : un aéroport et un quai de débarquement

Le Sud possède aujourd’hui un aéroport à vocation régionale pouvant accueillir des compagnies régionales et des compagnies internationales. Cet outil au service de l’économie et du tourisme doit continuer de bénéficier d’aides public, d’investissement et d’accompagnent politique.

De plus en plus de bateaux de croisière débarquent à La Réunion dans des conditions qui ne sont pas optimums pour l’arrivée des croisiéristes. Nous proposons de construire un quai de débarquement adapté, sécurisé aux normes internationales pour permettre encore plus de rotation et de favoriser sur le tourisme international.

L’augmentation du nombre de croisiéristes doit nous permettre de consolider tous les secteurs de l’activité touristique dans le domaine de la ruralité, des événements culturels, des hébergements, de la restauration, et de l’organisation des circuits qui sont par chacun de ces domaines des sources d’emplois.

5.5       Le numérique est une chance pour La Réunion

Confrontée à une problématique d’économie d’échelle et les contraintes liées à l’éloignement, il représente dès lors un levier de développement essentiel dans la mise en place d’une politique fondée sur la ré-industrialisation de territoires, sur l’éducation et sur la formation tout au long de la vie.

Cette stratégie se double d’une vision globale articulée autour de trois axes que sont : la circulation des données et du savoir, la protection des droits des personnes, et l’accès au numérique pour tous.

Sur ce troisième volet, l’effort qu’il convient d’accomplir réside dans l’accélération de l’équipement du territoire en réseaux à très haut débit.

C’est une filière d’avenir pour l’exportation des savoirs faire locaux et pour la conquête d’autres marchés, notamment ceux de l’Afrique Australe et l’Afrique de l’Est qui représentent une population de plus de 200 millions d’habitants, et par conséquent constituent un potentiel économique important.

En conclusion, ce programme vise à concilier proximité et vision d’avenir, à travers de grands chantiers qui inscriront La Réunion dans une démarche globale où chaque réunionnais, chaque habitant du Sud trouvera les raisons d’espérer en son Ile, en sa Ville.

Retrouver la conscience d’appartenir à une même population, sans ostracisme, sentir la volonté partagée d’inscrire La Réunion dans son Histoire, bref aimer son Ile, coïncider avec soi-même et ses compatriotes, dans la perspective d’un grand projet, n’est-ce pas là le sens réel de notre ambition ?

 

David LORION


Le premier tour des élections législatives 2017 aura lieu le 11 juin
et le deuxième tour le 18 juin 2017.